Je continue à découvrir le rythme qui scande une journée ici : les repas (8h – 12h – 18h), les constantes (on vient me prendre la température, la tension et la saturation d’oxygène dans le sang plusieurs fois par jour), le nettoyage de la chambre, les différents médocs qui passent en intraveineuse.
En ce lundi matin, on m’annonce que je vais aller faire une échographie du cœur. Si je comprends bien, c’est un examen qui est pratiqué sur toute personne recevant de la chimio, pour s’assurer qu’il n’y ait pas de contre-indications au traitement en intraveineuse.
On m’emmène donc en dehors du service (waouuuuuuuuuh) pour aller en cardiologie. Je suis convoyée par une infirmière dans mon fauteuil à roulettes (fauteuil qui est déjà dans ma chambre) et j’apprends à tenir ma potence avec les pieds loin des roulettes justement. En cardio, l’infirmière et la médecin qui me reçoivent sont très sympas. Je n’attends presque pas longtemps avant l’examen, qui lui-même dure à peine 15 minutes. Il ne révèle rien de particulier, tout est ok 👌
Après, je doit être ramenée en hémato par une personne du service de brancardage. Ça marche un peu comme un taxi : le service cardiologie appelle pour qu’on vienne me chercher. Et c’est là que ça se gâte, iels sont débordé·es… et du coup j’attends pendant plus d’une heure. Bien sûr, je n’ai pas pensé à prendre ni ma liseuse, ni mon téléphone. Erreur fatale ! Je lis donc chaque petit panneau du couloir jusqu’à les connaître par cœur, je contemple le plafond et j’espère surtout que personne de mon entourage ne stresse de ne plus avoir de mes nouvelles 😬
Retour dans la chambre pour le repas de midi (et heureusement personne n’a appelé l’hôpital pour savoir si j’étais morte). Mon après midi et soirée sont consacrées à à passer des coups de fils pour prévenir mes proches.
Tout allait bien, mais faudrait pas que ça dure non plus, hein
Le soir, je fais la rencontre d’une infirmière de nuit que je ne connaissais pas encore, Anne. Nous passons pas mal de temps à discuter et c’est super agréable. Je rencontre aussi Dominique, un des deux infirmiers du service. A bientôt 64 ans, il est le doyen de l’équipe et bientôt à la retraite… il en a donc vu.
Je vous raconte cela parce que ça a son importance pour la suite de la nuit.
Tout part en vrille vers 4h du matin. Je me réveille parce que j’ai le cœur qui bat fort et vite dans ma poitrine… suffisamment pour me réveiller en tous cas. Je ne mets pas longtemps à me dire que ce n’est pas ultra normal et que je ferai mieux d’appeler, ce que je fais.
Hop, ni une ni deux, iels me font un électrocardiogramme. Bon visiblement ce n’est pas très bon, mon cœur monte à 216 pulsations / minutes, sachant que normalement c’est entre 80 et 100… On a là une belle crise de tachycardie. Iels décident dont d’appeler l’interne de garde, qui lui-même décide d’appeler le cardiologue de garde.
Moi en attendant, je n’ai pas le droit de bouger de mon lit. Et qu’est-ce qui se passe quand je me réveille au milieu de la nuit ? Ben j’ai besoin d’aller aux toilettes. Je tiens, je sais que le bassin m’attend, je résiste, et je finis par craquer au bout d’une demi-heure. Ni tenant plus, je me résouts à vivre un nouveau bassin, ce que j’ai bien appris à détester déjà. Et c’est une vraie catastrophe, que je raconte par ici si certain·es d’entre vous veulent rire un coup (ou me plaindre, c’est au choix haha). Je vais finir par être traumatisée des bassins 😅
Après cet épisode de bassin, je suis bien entourée (littéralement, iels sont toustes autour de mon lit) : les deux infirmier·es d’hémato, l’interne de garde, le cardiologue de garde, une infirmière de cardiologie… Tout ça pour moi, clouée sur mon lit avec mon p’tit cœur qui est toujours en mode « je veux aller en discothèque ». C’est là où le fait d’avoir rencontré Anne et Dominique un peu plus tôt dans la soirée, ça rassure, parce que sinon j’aurai été entourée que de pur·es inconnu·es. Dans un moment où je me dis que si tout ce beau monde est là, c’est que ce n’est pas le top du top.
Après divers autres électrocardiogrammes et examens sur deux autres machines venues directement du service cardio, il s’avère que la tachycardie n’est pas liée aux médocs que je prends. C’est une information importante et une bonne nouvelle. Non, cette tachycardie est-là jonctionnelle (= mécanique, ça se passe directement dans mon cœur). On en apprend tous les jours.
Comme je ne me souvenais pas trop bien de ce que m’a expliqué l’infirmière à 5h du mat’, j’ai trouvé un article qui en parle ici. Pour résumer : « la tachycardie s’enclenche d’un coup (à la faveur d’un effort, d’un stress, d’une position particulière… ou parfois sans circonstance particulière…) et peut durer quelques minutes à quelques heures. La gêne ressentie est surtout sous la forme de palpitations, et son intensité dépend de la fréquence de l’accélération. Lorsque la crise dure un certain temps, on peut ressentir un malaise, une fatigue importante et des douleurs dans la poitrine. » Tout a fait ce que j’ai vécu. Par contre, je n’ai pas d’idées du déclencheur… un cauchemar dont je ne me souviens pas ? La perspective de déménager en chambre protégée d’ici le surlendemain ? Le stress inconscient de la maladie ? 🤷🏽♀️
Une fois ceci déterminé, iels décident du coup de me donner un médicament pour arrêter la crise, un produit intraveineux, la Striadyne (ne crois pas que j’ai retenu le nom, je viens de le retrouver dans l’article). L’effet est assez space, du coup je préfère vous le décrire dans un article à part, par ici. En tous cas, mon cœur arrête de faire la lambada et tout ce beau monde peut repartir vaquer à ses occupations. Et moi je finis ma nuit tranquillou.
Pour ne pas faire de suspense insoutenable là où il n’y en a pas, pour l’instant personne ne m’a reparlé de cette tachycardie jonctionnelle même si elle entraîne une surveillance accrue de mon rythme cardiaque au quotidien depuis. J’écris cet article le 25 janvier, et pour l’instant pas de nouvelle crise et RAS, je vous rassure. Je suppose que je devrais me pencher dessus un jour, mais bon, elle est arrivée après la leucémie… Alors chacune son tour, sinon ça va faire des jalouses.
2 réponses
Super ton blog Élisa, on pense bien à toi et on t’embrasse très fort
Laurent avec Chantal
PS on t’a vu bébé à Sup de Co mais tu ne t’en souviens sûrement pas très bien ; plus récemment il y a quelques années nous étions à la session enneagramme d’initiation à sancey le long
Coucou, oui je confirme que je ne me souviens plus de Sup de Co, mais par contre je me souviens du weekend Ennéagramme 😉 Merci pour les pensées et les bisous !
Elisa