Les aventures d'Elisa au pays de la LAMP

Comment j’en suis arrivée là

On m’a plusieurs fois posé la question de savoir comment j’en étais arrivée à me retrouver à l’hôpital et à ce fameux diagnostic.

Les premiers signes sont apparus aux alentours de Noël : j’ai remarqué que j’avais un bleu sur le bras, sans me souvenir m’être cognée. Étonnée mais sans plus, je ne relève pas. Quelques jours plus tard, je remarque un énorme hématome sur la cuisse, derrière mon genou… une vraie chance que je l’ai vu celui-là. Et le lendemain deux bleus sur les hanches.

Bref, je me dis qu’un truc ne tourne pas rond, clairement. En cherchant sur internet, le mot « manque de plaquettes » et « leucémie » apparaissent (forcément). Je me dis que je dois prendre rendez-vous chez mon médecin traitant, mais manque de bol son cabinet est fermé. Celleux qui me connaissent savent que les médecins, c’est pas trop mon fort… et par chez nous en milieu rural, obtenir un rendez-vous chez un·e médecin qui n’est pas votre médecin traitant, c’est la croix et la bannière (en plus). Et que je ne suis pas vraiment une angoissée de la life.

Ça tombe donc un peu aux oubliettes (paaaaas bien). Jusqu’aux alentours du 10 janvier, où j’ai mes règles. Jusque là, rien d’étonnant. Sauf que j’ai un flux hémorragique (littéralement). Et qui dure plusieurs jours. C’est finalement ça qui m’amène aux urgences gynéco le jeudi 13 janvier à midi. Parce que je me suis laissée convaincre par ma sœur (merciiiii sista, cœur avec les doigts) que quand même ce n’était pas bien normal et que faute de pouvoir aller chez le médecin, autant aller aux urgences.

Étape 1 : les urgences gynéco

Je me retrouve donc à la clinique Schweitzer à Colmar (celle où j’ai aussi accouché), au service maternité / gynécologie. Je suis accueillie par Mireille, une des sage-femme qui était justement là lors de mon accouchement. Soulagement immédiat de voir une tête connue, même si je ne l’ai jamais vu sans masque (tellement étrange).

Après blabla de départ et consultations de collègue, elle m’indique que je vais être vue par un gynéco. Ce dernier veut d’abord qu’elle me fasse une prise de sang, histoire de vérifier x et y choses. Cette première prise de sang a été un vrai cauchemar… Mais comme je me suis promis que personne de non consentant·e n’irait vomir en me lisant, je laisse les détails à celleux qui ont envie d’en savoir plus : par ici pour lire ce truc un peu dégueu.

Après un temps d’attente réglementaire (le temps de faire les analyses) je rencontre le charmant gynéco (= je ne sais pas si tu perçois mon ton ironique ? C’est le pire c*****d que j’ai jamais croisé de ma vie). Il me fait un examen sans rien m’expliquer, c’est Mireille qui est restée (merci à elle) qui me dit et s’excuse pour lui du fait que c’est un peu douloureux (sic). Bon il ne trouve rien à l’œil, du coup il fait une échographie vaginale qui révèle un polype sur l’utérus. Conclusion : les saignements viennent de là. Si tu veux plus d’infos sur le polype, voilà un article que j’ai trouvé.

On m’informe donc que je vais avoir un curetage sous anesthésie générale dans la soirée. Mes résultats d’analyses sanguines arrivent à ce moment-là… et ça se corse. Mon taux de plaquettes et d’hémoglobine sont en effet très bas (pour les personnes à qui cela va parler : hémoglobine à 5,8 et plaquettes à 14 000). Iels sont un peu halluciné·es, a priori je devrais être évanouie par terre vue mes taux, mais moi je me sens plutôt bien 😅

Conclusion, on va me transfuser avant de m’opérer. Du coup je déménage de service pour aller en salle de réveil, à côté du bloc opératoire. C’est un peu lunaire ce moment-là, parce que ça va très vite, je dois même demander quelques minutes pour appeler JeanPhi et le prévenir. Déshabillage, blouse d’hôpital, on me met sur un brancard (plus le droit de marcher) et on m’emmène.

Mireille, toujours aussi prévenante, prendra soin de mes affaires mais aussi d’informer JeanPhi de l’évolution. Encore merci à elle pour son attention.

Étape 2 : le bloc et les soins intensifs

Je me retrouve donc en salle de réveil où on me transfuse du sang, des plaquettes, du plasma… bref, tout ce qui peut être transfusable m’est transfusé. Les gens sont toujours sympa, on m’explique le pourquoi du comment toussa toussa. Je suis toujours sur le brancard du service maternité / gynéco. Visiblement le plus pourri de l’hôpital comme me le disent les infirmier·es. Tellement pourri qu’il m’a empêché de faire pipi, mais ça ce n’est plus un fait, c’est un fun fact (par ici pour le lire).

Une fois transfusée, on m’emmène donc au bloc. Le curetage n’est pas une opération en soi, mais ce qu’iels appellent un « geste opératoire ». Il dure en lui-même plus ou moins 10 à 15 min si j’ai bien compris. Autant dire que la préparation, l’endormissement et le réveil sont bien plus longs.

On m’a prévenue que je serai transférée après l’opération aux soins intensifs pour surveiller mon réveil et si les saignements s’arrêtaient en effet. J’ai des souvenirs très entrecoupés de cette nuit de jeudi à vendredi. On vient me voir régulièrement. J’ai surtout très soif, mais je n’ai pas le droit de boire (si jamais je devais repartir au bloc). L’infirmière finit par avoir pitié de moi vers 6h du matin et me donne un fond de verre (je pense qu’à chaque fois qu’elle est venue je lui ai demandé à boire 😏)

Je me réveille plus ou moins définitivement vers 8h ou 9h du matin, pour manger un p’tit déj’ puis ensuite attendre. On me prévient qu’un médecin viendra me voir etc. J’attends donc dans la matinée. Puis c’est avec joie que mon gynéco préféré de la veille vient me dire que tout s’est bien passé. Ah oui, et ensuite il me balance sans préambules « Pour les projet d’enfants faudra mettre en stand by, hein ». J’ai halluciné la violence de la phrase vu ce que j’ai vécu. Je lui ai juste répondu « non »… ça lui a coupé la chique, bien fait. Bon après il est parti, tant mieux. Hallucinant le gars. Visiblement, il a oublié de lire « les violences gynécologiques pour les nul·les ».

Vers midi, une anesthésiste (celle qui m’avait posé la péridurale pour Ariane, elle se souvenait de moi, héhé) est venue me voir pour me dire qu’elle avait demandé mon transfert au service hématologie à Mulhouse au vue de mes résultats sanguins. J’ai donc rappelé JeanPhi, qui devait venir m’amener des affaires (ça a été tout un truc cette histoire d’affaire, c’est un fun fact et c’est par ici au cas où) pour lui dire de ne pas venir à Colmar mais d’attendre que je sois à Mulhouse.

Autre fun fact : dans les quelques affaires que j’ai emmené pour les urgences, j’ai pris ma liseuse (riche idée), j’ai un câble USB pour charger mon téléphone, mais pas d’adaptateur pour la prise… du coup ça a été la course à la batterie toute la journée de vendredi. Je te raconte tout ça par ici si ça t’amuse.

Étape 3 : le service hématologie à Mulhouse

Me voilà convoyée en ambulance jusqu’à l’hôpital Émile Muller à Mulhouse. Bon nous sommes arrivé·es un peu tôt, du coup je n’avais pas encore de chambre à disposition et j’ai attendu dans un espèce de recoin étrange (fun fact, par ici pour en savoir plus). Assez rapidement après mon arrivée en chambre, qui se fait vers 18h, je rencontre pour la première fois le docteur Drenou, le chef de service. Il m’informe que je vais avoir droit à un myélogramme, une ponction de moelle osseuse effectuée sur le sternum. Cet examen permettra de confirmer ce qu’il a en tête (mais il ne m’en dit pas plus à ce moment-là…).

L’examen est suivi d’un temps d’attente (où je n’ai pas trop le temps de m’ennuyer en fait, fun fact dont je vous parle par ici). Le docteur Drenou revient dans ma chambre à 20h30 pour le confirmer le diagnostic qu’il pressentait à la vue des résultats de mes examens. J’apprends donc que je suis atteinte de la fameuse Leucémie Aiguë Myéloblastique de forme Promyélocytaire (par ici si tu ne sais pas encore ce que c’est que ça.)

Voilà l’histoire du commencement de cette aventure au pays de la LAMP. Je n’y suis pas seule, et si tu veux en savoir plus sur celleux qui m’entourent et m’accompagnent dans tout ça, tu peux aller voir cet article.

Sinon n’hésite pas à utiliser les liens dans la barre verte (à droite de l’écran si tu lis sur ordinateur ou en descendant si tu es sur mobile) pour t’y retrouver et trouver un autre truc passionnant que j’ai écrit à lire 😜

2 réponses

  1. Merde Elisa les trucs degeu ça manque un peu quand même….🤣 il est super ton blog balance la formation j’ai un crédit de Cpf…. Je t’embrasse
    Nadia

    1. Hahaha t’inquiète ça arrive, je suis à jour sur les faits et je suis dans les starting blocks pour écrire les p’tits trucs fun et ceux un peu dégueu aussi 😜
      Plein de bisous aussi !
      Elisa

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