Les aventures d'Elisa au pays de la LAMP

Pose de la chambre implantable, épisode deux

En ce jeudi 24 mars, j’ai donc rendez-vous à Mulhouse pour le deuxième essai de la pose de chambre implantable qui va me servir pour la suite du traitement. Hier et ce matin, ça a été douche avec de la bétadine 🚿 (je commence à avoir l’habitude, haha), avec interdiction de mettre de la crème ou quoi que ce soit sur ma peau. Autant dire que vu l’état déplorable de celle-ci, ça tire. Mais bon, c’est pour être désinfectée, que veux-tu…

Interdiction de manger depuis minuit hier (je ne t’ai pas encore dit, je suis un Gremlins ! 😅) pour être à jeun, et interdiction de boire à partir de 8h30.

Je pars d’Aubure vers 9h15, emmenée par une conductrice de taxi très sympa qui me permet d’avoir un trajet agréable et qui passe vite. Elle s’est même donné la peine d’appeler un de ses collègues pour avoir le numéro de téléphone d’un conducteur de VSL pour quand je serai à Strasbourg, histoire d’avoir déjà un contact.

Avant l’opération

Arrivée à l’hôpital (c’est très étrange d’y revenir), je vais à l’unité de chirurgie ambulatoire (UCA pour les intimes). Après l’enregistrement de vigueur, diverses questions et vérifications (oui, je me suis lavée à la bétadine. Non, je n’ai pas mangé ce matin. Etc.), je me rends dans un vestiaire individuel où j’ai pour ordre de me déshabiller entièrement et de revêtir deux blouses d’hôpital, une mise classiquement (fermée à l’arrière) et l’autre dans l’autre sens, un peu comme une robe de chambre. 🥼

Je dois aussi mettre des surchaussures en plastique bleu. La grande classe vestimentaire ! Pas de vêtements, pas de bijoux, pas d’accessoires, à part mon portable que j’ai le droit d’emmener. Le reste est à mettre dans un casier à roulettes qui ferme à clef, j’hérite du casier « chien » (avec une belle image de chien, et le mot « chien » recopié sur mes étiquettes pour savoir où sont mes affaires… 🐶). Quand j’étais venue la première fois depuis le service d’hémato, j’avais réussi à négocier de garder ma culotte, mais là c’est à poil ! 😅 Dommage, c’était un peu plus confortable la dernière fois.

Une fois en tenue, je suis conduite vers une sorte de couloir, avec une dizaine de brancards qui servent pour la chirurgie ambulatoire, tous séparés individuellement par des cloisons mobiles. Ils se situent vraiment entre le fauteuil et le lit : étroits comme une assise mais assez longs pour être mis en position couchée, avec option de relevage du dossier comme les lits.

De là, on me prend les paramètres, presque « comme d’hab’ » j’ai envie de dire : tension, température, saturation et rythme cardiaque. Puis j’attends sagement (et pas trop longtemps) qu’on m’emmène dans une zone que je connais déjà : la salle d’attente à côté des blocs opératoires. C’est en effet là que stationnent les lits et brancards quelques minutes avant d’être emmenés au bloc auquel ils sont affectés.

Assez étonnamment (ou pas d’ailleurs, les architectes n’étant pas réputés pour leur logique pratique), ce n’est pas très bien fait. Pour passer de cette partie du service (dans laquelle tout, sauf les opérations en tant que telles, se passe) aux blocs, les infirmières sont en effet obligées de faire faire aux brancards un chemin qui fait tout le tour de l’étage. En fait les blocs sont physiquement à côté du service, mais c’est comme s’ils lui tournaient le dos. La porte d’entrée est en effet à l’opposée de celui-ci, obligeant chaque aller et retour à faire le tour pour y arriver. 🤷🏽‍♀️

Juste avant de partir, je redonne mon téléphone, qui est mis dans une pochette transparente nominative puis dans un tiroir, en attendant sagement mon retour.

Pendant l’opération

Une fois au bloc, on me pose un cathéter sur le dos de la main droite (eh bien oui je n’en ai plus maintenant), puis recommence exactement la même préparation que la première fois : passage du brancard à la table d’opération, bétadine sur la zone, champs stériles etc.

J’ai le grand bonheur d’être opérée par la même médecin que la première fois, tu sais celle qui est tellement sympa et attentive à ses patient·es… 😩 Si tu ne te souviens plus, tu peux te rafraîchir la mémoire par ici.

Eh bien ça commence par être relativement cauchemardesque, car ça se passe comme la première fois (sauf que cette fois-ci elle opère de l’autre côté de la poitrine) : après l’anesthésie locale, elle cherche une veine exploitable, me pique à plusieurs endroits, jure comme un charretier… L’infirmière finit par m’injecter un surplus d’anesthésie qui me fait planer. Exactement comme la dernière fois, je te dis ! 😱

Et moi, dans ma tête, à me dire que c’est un vrai cauchemar. Visiblement lassée de ne pas y arriver, elle finit par dire qu’elle a besoin d’un échographe. Je ne peux pas m‘empêcher, dans ma tête, de me dire que c’était ce que disait le rapport suite au doppler de la semaine dernière : que la pose devait se faire sous échographie ! Mais visiblement, elle avait décidé de d’abord tenter sans, hein. Et puis si la personne opérée douille un peu au passage, ce n’est pas très grave. 😠

Bref, heureusement pour moi l’échographe, qui est en fait un monsieur et pas seulement une machine (ce que je pensais) est dans le coin et peut intervenir tout de suite. Ayant un drap stérile au-dessus de la tête, je n’ai aucune idée de ce à quoi il peut bien ressembler. Mais visiblement, il trouve rapidement une veine qui lui convient à l’échographie et me pose le tuyau dans la veine. Pour cela, il me demande de « pousser comme si j’allais à la selle », pour faire gonfler la veine. Étant un peu stone à cause de l’anesthésie, je t’avoue que c’est une expérience assez étrange de se concentrer (j’ai du pousser plusieurs fois) tout en ayant la sensation d’avoir le cerveau qui plane dans une autre dimension… Avec l’enjeu de ne pas aller à la selle pour de vrai, en sus ! 😅

Après que le cathéter ait été posé, il reste la chambre en tant que telle à implanter, celle qui est justement relié au catéther. Je ne savais bien sûr pas que ça se faisait dans cet ordre avant d’en être passée par là, c’est ce que je constate une fois que le monsieur est parti. Bon avec le recul, je me dis que c’est assez logique, sinon la dernière fois je me serai retrouvée avec une chambre reliée à rien.

Le relai est donc repris par la charmante médecin de départ, pour mon plus grand plaisir. Je ne sais rien de ce qui se passe exactement, car on ne me donne aucune info. Du coup, quand elle recommence à jurer, je sens que la panique revient. Je me dis « mais non, mais, le cathéter est posé, il ne devrait pas y avoir d’autres problèmes, mais pourquoi comment ? ». J’ai vraiment la sensation d’être maudite de la chambre implantable à ce moment-là ! 😭

Et là elle dit « mais je ne comprends pas, c’est bien rentré la première fois, pourquoi maintenant ça ne passe plus ? Vous avez vraiment la peau dure ! ». 🤔 Bon, je te laisse interpréter ces paroles, moi je retiens juste que j’ai, littéralement, la peau dure. Je vais donc pouvoir remercier mes parents de m’avoir non seulement doté d’une vessie avec une grande contenance, mais aussi d’avoir la peau dure ! 🤣

A ce moment-là, je n’en peux plus, je sens que je suis super tendue au niveau musculaire, complètement crispée. Quand je m’en rends compte j’essaye de me détendre un peu, mais je t’avoue que ça marche plutôt moyennement. J’aimerai que la dame au-dessus de moi se rende compte que même si on ne peut pas se voir mutuellement, on peut s’entendre. Et que quand elle dit des phrases de ce genre, c’est anxiogène pour les personnes qui se font opérer ! 😬

Heureusement pour moi, elle finit assez rapidement par y arriver. Ne reste plus qu’à faire les quelques points pour que tout cela tienne bien et, ouf, c’est enfin finit et la chambre est posée ! 🥵

Après l’opération

Une fois repassée de la table au brancard, je suis ramenée dans le même endroit qu’au départ (mais dans une autre zone). C’est un peu comme un aéroport finalement : zone d’embarquement, zone de fret, zone d’atterrissage… ✈️ Je suis donc à nouveau à côté d’autres brancards séparés par une cloison, mais cette fois-ci avec seulement des personnes comme moi qui sortent du bloc.

L’infirmière qui prend mes constantes m’informe que je vais rester environ une demi-heure en surveillance, puis que j’aurai le droit de manger puis de partir. Elle se propose d’informer le VSL, ce que j’accepte (je suis complètement dans le gaz) et je l’entends dire que je serai disponible pour sortir à 14h. Je ne sais pas quelle heure il est, et même si elle m’a rendu mon portable je n’ai pas le courage de regarder l’heure. Je n’aspire qu’à une petite sieste, que je m’empresse de commencer.

Quand je me réveille, je regarde enfin mon téléphone. Je me rends compte qu’il est 13h40, et je ne dis que ça doit faire bien plus qu’une demi-heure que je suis là. Et je me dis que je ne serai jamais sortie pour 14h ! Du coup j’ai peur que le VSL doive m’attendre, alors j’envoie un sms à la chauffeuse, qui m’a donné sa cart. Enfin, j’essaye, parce qu’en fait je me rends compte que je n’ai pas de réseau là où je suis. 😭 Après une tentative de rallumage de mon portable, qui arrive du coup à me choper un poil de réseau, je fais partir un message pour prévenir que je ne serai jamais sortie à 14h. Heureusement, elle me réponds rapidement, pour me dire qu’elle n’est de toute façon pas disponible pour me chercher avant 15h30. Me voilà rassurée.

J’attends encore un certains temps (plus d’une heure en fait), pour qu’une infirmière vienne me reprendre encore une fois les constantes et me donne les instructions pour la suite. J’ai un gros pansement sur la clavicule gauche : ne pas l’enlever avant dimanche. 🩹 Ne pas le mouiller d’ici là. Après par contre, c’est ok de mouiller et de laver. Les fils de suture seront à faire enlever vendredi de la semaine prochaine (le 1er avril donc). Pour la douleur, du paracétamol, à prendre en cas de besoin. Elle me conseille tout de même de prendre du paracétamol ce soir et demain en prévention, histoire d’être sûre de ne pas avoir trop mal. J’en ai d’ailleurs un tout de suite à prendre. Bon, ben rien de plus spectaculaire que ça, finalement. Je dis ça, mais je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en vrai. 😅

Je suis en suite autorisée à me lever de mon brancard, direction la salle de collation. Deux choix de menu s’offrent à moi : comme un p’tit déj’ (pain, beurre, confiture) ou version salé (pain, fromage, jambon). Une fois n’est pas coutume, la version salée m’attire plus et me voilà en train de déguster mon jambon-beurre (ah oui, il y a aussi du beurre dans le menu salé) à 15h de l’aprèm. J’avoue que n’ayant plus mangé depuis hier soir, j’ai la dalle ! 😅 Bon, être assise cul nul sur une chaise en plastique, vêtue seulement de deux blouses d’hôpital et de surchaussure, c’est assez étrange. Mais savoir que les autres personnes présentes sont logées à la même enseigne, c’est assez rassurant.

Je retrouve ensuite le vestiaire individuel, où mon casier « chien » ouvert m’attend sagement et j’ai la grande joie de pouvoir retrouver un habillement socialement acceptable. C’est con, mais je me suis vraiment sentie toute nue sans culotte. 🩲😅

Retour à la maison

Il est 15h30 quand je finis par sortir. Petit passage au secrétariat pour récupérer tous les papiers, ordonnances, bon de transport et cie. Il ne me reste plus qu’à attendre le VSL. Bon, cela prend un peu de temps, parce qu’elle a eu du retard sur d’autres courses, et je dois attendre jusqu’à 17h avant qu’elle arrive. Ayant eu la riche idée d’emmener ma liseuse, je ne suis pas particulièrement en reste et n’ai aucun mal à m’occuper.

Subtilité de l’UCA : les patient·es n’ont pas le droit de sortir sans être accompagné·es, à cause des risques potentiels (genre tomber dans les pommes au milieu du couloir). Du coup, la personne qui me ramène doit venir me chercher pour m’emmener à la voiture. Ça fait encore une fois un peu étrange d’avoir l’impression de ne plus être maîtresse de ce que j’ai le droit de faire ou non. Franchement, je me sens vraiment bien, je n’ai plus de traces d’anesthésique, l’opération est déjà plusieurs heures derrière moi… Mais bon, les ordres sont les ordres, alors j’aurai une chaperonne pour le trajet à pied ! 😑

Il est presque 18h30 quand j’arrive à la maison. Je suis complètement cannée, je ne pensais vraiment pas rentrer si tard. Je ne suis pas vraiment capable de faire autre chose que de me poser devant la télé avant que JeanPhi ne rentre, avec de quoi grignoter d’ailleurs, parce que même si le sandwich était fort bon, en fait j’ai de nouveau faim.

J’ai un peu mal mais pas trop, je reprend un paracétamol comme me l’a conseillé l’infirmière. Ce soir, dodo pas trop tard, histoire d’essayer de récupérer. Difficulté (que je vais rencontrer plusieurs jours) : dans quelle position dormir pour que ça ne soit pas trop désagréable ou douloureux. Je garde quelques douleurs pendant 3 jours, mais à part ça, la cicatrisation se passe bien. Et me voilà (enfin) équipée pour la suite des aventures ! 💪

1 réponse

  1. Mon gremlins quelle nouvelle aventure et pardon pour l expression quelle sacrée diplomate (l autre mot je censure) cette toubib pfff il y a des moments on aimerait avoir une option switch vis ma vie pour voir leur bobine. Tu es top comme à ton habitude ! Je t envoie de gros poutous affectueux

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