Ça a vraiment été très étrange de quitter la chambre dans laquelle je viens de passer deux mois. Non pas qu’elle allait particulièrement me manquer (les gens, oui, la pièce, non), mais simplement sortir, c’était repasser dans une autre réalité, celle de ma vie « d’avant ». Avec, en même temps, des différences.
En effet, j’ai eu quelques instructions sur des éléments auxquelles être attentive dans les prochains mois :
- Niveau alimentaire, le même régime qu’une femme enceinte : pas de viande, de poissons ou de laitage crus + bien laver fruits et légumes avant de les manger. Sinon, j’ai le droit de revenir à un régime « normal ». 😁
- Pour l’hygiène, retour à la normale également : j’ai le droit de me brosser les dents, de prendre des douches et de me couper les ongles… Yes ! 💪
- Point de vue du ménage, c’est là qu’il y a pas mal à faire. Dans le sens où il faut éviter tout de même que je respire trop de poussière. 🧹 Il est donc recommandé de passer très régulièrement le chiffon, et si possible que ce ne soit pas moi qui le fasse (ou alors avec un masque FFP2 sur le nez). 😷
- Côté fringues, rien à signaler, si ce n’est de changer un peu plus souvent les draps et les « accessoires » que je lave assez rarement (comme les foulards par exemple).
- Et en ce qui concerne les rapports sociaux, je dois éviter les lieux publics (surtout avec le masque qui n’est plus obligatoire) mais je peux quand même voir des personnes et aller chez elleux sans soucis.
Je suis donc officiellement sortie de ma chambre et de l’hôpital le vendredi 18 mars à 11h20. J’ai été ramené en VSL de l’hôpital à Aubure, du coup je n’ai pas vraiment pu regoûter au plaisir de l’extérieur juste au moment de ma sortie. Je suis arrivée vers midi trente à la maison et là j’en ai profité, juste pour le plaisir de sentir le soleil et le vent sur mon visage. La météo étant très clémente, c’était vraiment très agréable… Comme le vent m’a manqué ! Écouter le chants des oiseaux et les bruits de la nature m’a aussi vraiment fait très plaisir.
Adapter la maison
Mes parents, toujours aussi disponibles, sont venus dès le matin de cette même journée à la maison, pour faire un coup de ménage et commencer à débarrasser le plus de surfaces possibles dans les pièces à vivre (genre dessus de commode, linteau de la cheminée…) afin qu’elles soient dépoussiérables le plus facilement possible. Pour celleux qui me connaissent moins, j’ai une (très) légère tendance à l’accumulation et à ce que ma maman appelle des « attrapes-poussière »… Tu sais, plein d’objets de déco qui ne servent à rien, sauf au plaisir des yeux… Ben en fait j’en ai plein, haha.
Ils sont donc tous allés dans des cartons, un peu en mode « déménagement », en attendant d’être ressortis d’ici quelques mois. Et triés (espère ma maman). Je ne me suis pas encore prononcé sur cette question ardue, je verrai en temps utile ! 😇
Comme je suis bordélique et que JeanPhi ne vaut pas beaucoup mieux que moi à ce sujet, notre maison est la plupart du temps quelques peu désordonnée… pour le dire de manière politiquement correcte. Du coup mes parents ont aussi eu la gentillesse et le courage d’encartonner les attrapes poussières et autres objets divers qui traînaient un peu partout (et pas uniquement sur le dessus des commodes). Encore une fois, merci à eux pour ce travail.
Bon, je t’avoue que voir mon salon presque tout vide (sauf les meubles bien sûr), me fait vraiment très bizarre ! Certes, il a l’air plus grand qu’avant (plus d’obstacles visuels) mais c’est comme s’il manquait quelque chose… Ça manque un peu de vie pour moi. Bon , j’exagère un peu, parce qu’il reste encore une bibliothèque pleine de DVD et de jeux de société, plus tous les tableaux accrochés au mur, mais quand même, ça me fait bizarre. 😵💫
Mes parents sont revenus lundi pour une nouvelle journée de rangement et de nettoyage, histoire que j’ai accès aux pièces à vivre de la maison. Je peux donc aller sans crainte dans la chambre, la cuisine, le salon et la salle de bain. Le bureau et mon atelier sont consacrés à l’accueil des cartons évoqués ci-dessus. Si je dois chercher quelque chose dans une de ces deux pièces, ou aller ailleurs (comme à la cave où se trouve la machine à laver le linge par exemple), je mets un masque. 😷
Profiter du temps présent
J’avais prévu de passer seulement le weekend à Aubure, mais après deux jours chez moi, je me suis rappelée combien je m’y plaisais. Normal, vas-tu me dire. J’avais aussi plutôt confiance dans mon environnement, déjà parce qu’il avait été super nettoyé par mes parents, mais aussi parce que mes globules blancs neutrophiles étaient largement au-dessus de la barre des 1500.
Après réflexion, j’ai donc décidé de rester un peu plus longtemps. Lundi, j’ai aussi appris que la pose de la chambre implantable se ferait finalement à Mulhouse le jeudi 24 mars (6 jours après ma sortie donc) et pas à Strasbourg (la question était en effet en suspens). Donc partir d’Aubure ou d’Illkirch pour aller à Mulhouse ce jour-là étant équivalent en termes de temps, cela ne comptait pas dans la balance.
Je suis finalement restée 12 jours à Aubure, du vendredi 18 au mercredi 30 mars, mon premier rendez-vous à Strasbourg étant prévu le jeudi 31 mars au matin. Ces jours sont passés très vite, et j’en garde comme un souvenir flou. En tous cas, je n’ai pas fait grand-chose de mes journées (sans aucun culpabilité). J’étais encore très fatiguée, et ça m’est arrivé plusieurs fois de dormir toute la matinée après le petit-déjeuner (comme à l’hôpital). J’avais aussi l’impression de tout faire en vitesse 0,5… Comme si j’étais un escargot ou une tortue.
En tous cas, j’ai bien profité de ce temps pour absorber du soleil, mais aussi pour tenter de retrouver quelques muscles perdus en faisant de petites balades avec JeanPhi. La météo s’y est vraiment bien prêtée, le soleil et la douceur du printemps ont été particulièrement agréables. J’ai un peu eu l’impression d’être dans une bulle, et je me suis éloignée de tout ce qui était ordinateur et téléphone. Un peu comme pour ne profiter que de ce que je pouvais toucher, palper, ce qui était réelle et présent. Les nouvelles technologies m’ont permises de garder un lien avec les autres et avec la réalité tout le temps où j’ai été à l’hôpital, mais là je crois que j’avais vraiment besoin de me couper d’elles.
Ces quelques jours à la maison ont été très doux, reposants et apaisants. De quoi recharger les batteries avant la suite ! 😉
1 réponse
Bonjour Elisa,
Content de voir que tu apprécies le retour à la vie « normale », hors de ta chambre d’hôpital.
Continue à prendre soin de toi et ne t’inquiète pas car, en ce qui me concerne, je comprends très bien ton besoin de prendre de la distance avec la technologie, pour revenir à l’essentiel : la vie dans le monde réel et l’amour des gens qui t’entourent.
GROS GROS BISOUS