Les aventures d'Elisa au pays de la LAMP

Les flux abondants, le retour !

Note de début d’article : je parle de flux sanguins vaginaux, avec le même niveau de détails de ce que j’ai déjà pu faire pour d’autres sujets. C’était juste pour prévenir, pas que tu te retrouves à vomir à cause de moi. Si ça te met mal à l’aise, peut-être qu’il vaut mieux passer ton chemin (mais c’est toi qui vois). 😅

Dans les désagréments qui ont commencé à me pourrir la vie après une semaine en chambre protégée, il y a le retour des flux vaginaux… Et pas qu’un peu ! Le premier weekend en hémato, iels avaient décidé de me donner un médicament contre les saignements, car même s’ils étaient très peu abondants (et ce depuis le curetage du 13 janvier), ils ne s’arrêtaient tout de même pas tous seuls.

J’ai donc bénéficié de ce médicament, qui a plutôt bien fait son usage, car les flux se sont arrêtés totalement, pour ma grande joie et confort personnel. Au bout d’une semaine de ce médoc, la décision a été prise de l’arrêter… Et là, c’est le drame ! 😵

Retour en force

Parce que les flux sont revenus au bout de 48 heures… et je ne sais pas s’ils s’étaient amassés en attendant de pouvoir sortir ou quoi, mais ils ont décidé de revenir en force. 😓 Comprends : de manière beaucoup plus abondante que depuis le curetage. Et si je n’en étais pas au même point que ceux qui m’ont emmené aux urgences, ils se défendaient pas mal.

Franchement, j’ai grave déprimée quand ça s’est produit. Je me suis sentie désespérée, parce que ça se rajoutait aux autres effets secondaires (diarrhées et œdèmes) et que je déteste (mais vraiment, je déteste) sentir le sang couler. Alors, messieurs, impossible de vous décrire ce que c’est comme sensation, parce que n’ayant pas de vagin je ne saurai pas vraiment comment vous expliquer la chose. Mesdames, je suppose que je n’ai pas besoin de vous faire un dessin.

Ça me débecte tellement que le jour où j’ai découvert les tampons dans mon adolescence, ma vie a littéralement changé par rapport à avant où je ne connaissais que les serviettes hygiéniques. Remplacés depuis quelques années par un cup, mais ça c’est un autre sujet.

Comment ne pas déborder

Or, comme tu peux l’imaginer, ici pas de tampons… Juste les bandes d’hôpital (celles qui ont déjà accouché vont connaître). Bon alors là-dessus, moi ça me va plutôt bien, parce que je ne supporte plus depuis longtemps les serviettes hygiéniques du commerce (mais qui a eu l’idée de mettre du parfum dans un produit en contact avec des muqueuses, sérieux ? 😤). Les bandes de l’hôpital ont deux avantages pour moi dans le cas présent : être dépourvu de parfum et autres trucs du même acabit + avoir une grande taille… Oui, parce que je flippe aussi que ça déborde et que j’en mette partout, comme beaucoup de femmes je pense. Merci société. 😒 Alors certes, ces bandes d’hosto, c’est épais et moche, mais bon, là où je suis, je m’en fous royalement !

Comme les flux ont tout de suite été un peu « chutes du Niagara » (dû à l’absence de coagulation), j’ai eu le droit en plus à une super culotte en filet (toujours la même que quand on accouche) + à des carrés de langes jetables (imperméable d’un côté donc). Vraiment la totale.

J’ai donc fait la super technique que j’avais déjà testé après mon accouchement (anti-fuites, et j’ai testé en marchant, debout, assise etc.) : prenez une culotte filet, ajoutez un carré de lange posé sur le fond de la culotte, posez dessus deux bandes pour bien couvrir toute la surface en longueur, remontez le tout en ajustant le carré pour qu’il dépasse devant et derrière. Sexy time garanti ! 🤣

Difficulté principale de cette technique : le déshabillage lors des passages aux toilettes… ça nécessite en effet de ne pas faire tomber dans les toilettes la bande de derrière qui aime bien se faire la malle. Mais aussi de tout bien ré-ajuster après, et en vrai ça prend un peu de temps. Or, je te rappelle qu’à ce moment-là, je cumule avec des diarrhées… De quoi devenir tarée, entre les moments où ça coule (beeeeeeeurk) et où je vais aux toilettes pour ça (parce que je ne supporte pas cette sensation et que ça me donne une furieuse envie de m’essuyer), et les diarrhées qui bien sûr se pointent à d’autres moments. 🤪

Bref, du coup ma technique marchait moyennement dans les faits. C’était vraiment chiant parce que j’allais trop souvent aux toilettes. Le lendemain matin, l’aide-soignante m’a proposé une alternative plus simple : toujours deux bandes en longueur, mais ce qui les tient en place c’est une super couche et plus tout un arrangement de carré de lange et de culotte filet. Me voilà en mode « mamie » du coup… 😅🥴 Bon ça a plutôt bien fonctionné, et le déshabillage / rhabillage était quand même plus aisé.

Photo de la couche et des bandes
C’est pas la grande classe ces bandes et cette couche ? 😅🤣

Autre aspect que je n’ai pas évoqué : s’essuyer aux toilettes. Ben oui, je ne peux pas jeter mon papier toilettes directement dans la cuvette, vu qu’elle est occupée par le bassin (si ça ne t’évoque rien, j’en parle dans cet article). 🤔 Et je ne sais pas pour toi, mais moi quand je saigne du vagin beaucoup, ben j’ai besoin de plusieurs passages de feuilles de PQ propres pour qu’il n’y ait plus trop de sang… Sauf que comment tu fais avec ton papier ensanglanté, vu que tu peux pas le jeter pour en prendre un nouveau ? 😵‍💫 Sans parler du sang qui vient sur la main, beurk beurk beurk. Une vraie horreur ! J’ai fini par utiliser la technique suivante : ouvrir la poubelle avant d’aller aux toilettes et l’utiliser pour jeter mon PQ, faute de pouvoir faire autrement.

Bataille mental / émotionnel

Mais (il faut bien un « mais », sinon ce n’est pas drôle, hein) je crois que ça faisait quand même un peu trop pour ma partie émotionnelle ce retour de flux… Du coup, je ne sais pas pourquoi, mais dès que j’étais sur le lit, je flippais que ça déborde. 🤷🏽‍♀️ Peut-être à cause du matelas très mou qui faisait bouger la couche quand j’essayais de changer de position ? Ou le cumul avec le reste ? En tous cas, ce qui a été problématique, c’est que je n’arrivais plus du tout à me détendre dès que j’étais sur le lit. Bonjour la crispation, surtout la nuit.

Je reste encore persuadée aujourd’hui que c’était cette espèce de peur que ça déborde qui m’a fait me crisper ainsi (sachant que mon mental était très au clair sur le fait qu’on s’en fichait complètement que ça déborde… mais bon, l’émotionnel n’est pas rationnel n’est-ce pas). Et qui a progressivement fait que mes muscles profonds n’arrivaient pas à se détendre, malgré tout ce que j’ai essayé pour les convaincre de se relâcher. Et que cela a débouché sur la crispation que j’ai eu ensuite entre les omoplates.

Suite et fin

Vu le carnage, iels m’ont remis le médicament contre les saignements (il a quand même fallu qu’une infirmière aille plaider ma cause auprès des médecins pour ça, parce que bon, eux, ils ne se sentent pas particulièrement concernés, hein). 🙄 Ces flux abondants ont duré encore deux jours avant de se tarir et de repasser à des saignements beaucoup plus raisonnables. Ces derniers ont fini par disparaître complètement le 05 février (une semaine après être revenus quand même). J’ai gardé le médicament contre les saignements jusqu’au 20 février, date à laquelle il a été arrêté, sans reprise des saignements depuis (ouf !). Je croise les doigts pour que ça reste le cas ! 🤞

Je me suis déjà posée plusieurs fois la question de savoir ce que pouvais bien être ces saignements… On a discuté pas mal avec les infirmières, sans trouver vraiment de réponse. Là où j’en suis au moment où j’écris ces lignes, j’ai l’impression que le polype utérin que j’avais a « ouvert une porte » aux tous premiers flux, hémorragiques à cause du manque de coagulation. Le curetage a refermé cette porte, mais pas complètement, d’où les (petits) flux des jours suivants. Le médicament contre les saignement a bien fermé la porte, mais pas assez. Et du coup quand il a été arrêté, ça a rouvert la porte, en plus grand qu’après le curetage. Avec toujours cette problématique de manque de plaquettes et donc de coagulation. Le fait que les saignements n’aient pas repris après le 20 février est sûrement dû au fait que mon taux de plaquettes s’est stabilisé, ce qui a aussi permis de refermer « définitivement » la porte. Bref, je ne sais pas si mon image est très claire. 🤣

Suite au prochain épisode, qui ne sera pas pour tout de suite, car je reçois un contraceptif et ce jusqu’à la rémission complète. Je suis pas super fan de prendre encore des hormones en plus du reste, mais bon, pour des raisons évidentes je ne dois absolument pas tomber enceinte pendant la durée du traitement. Voyons le côté positif, normalement plus de saignements vaginaux pendant quelques mois ! 😉

Photo du bocal à pipi
Du jus de framboise ? Hé non, du pipi coloré ! 😆

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